Le jeudi 26 mars, soit la veille de la conférence de presse organisée par les médecins de l’hôpital pour annoncer « 32 suspicions cliniques et confirmées » de personnes affectées par le covid-19 à Belle-Île, avait lieu un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), réunissant l’ensemble des représentants du personnel hospitalier, dont un médecin, le médecin du travail, et la direction*. Cette réunion extraordinaire faisait suite à un nouveau “danger grave et imminent” signalé le 25 mars par les représentants syndicaux du personnel.

Le communiqué de presse qui suit, rédigé par les représentants syndicaux mandatés au CHSCT, met l’accent sur 2 points:

  • La demande d’un plus grand nombre de masques de protection pour le personnel.
  • La déclaration faite lors du CHSCT par la directrice déléguée de l’hôpital, Françoise Bruneaud, “qu’il n’y avait pas de cas de COVID à Belle-île” (NDR. Citation du communiqué).

Texte du communiqué

“Suite au danger grave et imminent (DGI) déposé par la secrétaire CHSCT, Christelle DUMONT  dans le registre de sécurité de l’hôpital de Belle-Ile le mercredi 25 mars à 10h36 .

Mme La Présidente du CHSCT a réuni un CHSCT extraordinaire le jeudi 26 mars à 14h30 .

Elle a estimé qu’il n’y avait pas de danger grave et imminent (DGI). Elle applique à la lettre les recommandations gouvernementales.

Les représentants du personnel mandatés au CHSCT  demandaient que tous les salariés et stagiaires de l’hôpital soient équipés de masques.

Mme La Présidente, Françoise BRUNEAUD  a transmis que depuis le jeudi matin 26 mars , tout le monde était équipé d’un masque par jour , elle a ajouté ‘’ c’est mieux que rien ‘’. Désormais dans chaque service il y a un cahier, si les soignants sont enrhumés ils prennent leur température à l’arrivée et la notent.

Ce n’est hélas pas suffisant. Pour les représentants du personnel, il faudrait au moins deux masques pour les salariés et stagiaires en 7h30 et 3 pour les salariés et stagiaires en 12h00.

Pendant la séance, Dr PIVERT le médecin collaborateur santé au travail du CHBA s’est exprimé par téléphone. Comme la Directrice et présidente du CHSCT , elle a transmis qu’elle appliquait les procédures gouvernementales , les salariés et stagiaires doivent l’appeler , et suivant leur dossier médical , c’est elle qui décide ou pas du port du masque , c’est également elle qui décide si le salarié ou le stagiaire est considéré à risques ….puis elle transmet le nom des personnes aux Ressources humaines  qui au final ont le dernier mots .

La Secrétaire du CHSCT répond que la procédure gouvernementale a pour seul objectif de maintenir la capacité soignante des établissements, finalement peu importe qu’ils soient malades ou à risque.

Elle rappelle pendant la séance la responsabilité personnelle et pénale de l’employeur.

En séance, la Présidente a affirmé qu’il n’y avait pas de cas de COVID à Belle-île.

Dans le DGI, était précisé que les salariés s’estimant menacés pourraient activer leur droit de retrait.

Mme La Présidente a dit ‘’ attention  ‘’, il existe des jurisprudences, ce sont les agents qui pourraient se retrouver au pénal .

La secrétaire a conclu : ‘’ nous sommes en temps de guerre ‘’a dit le Président Macron, nous n’avons pas le matériel suffisant pour protéger tous les salariés et ceux qui se sentent menacés ne peuvent pas s’arrêter ?

En plus de prendre les soignants pour de la chair à canon, il faut en plus les museler ?

Le lendemain, on apprenait par la presse : 32 cas à Belle-Ile…

C’est très éloquent après un CHSCT extraordinaire la veille.

Ce matin lundi 30 mars 2020, second DGI déposé sur le registre de sécurité :

Des salariés  vulnérables, à risque défini par le haut Conseil de la Santé publique ont dû reprendre le travail ce matin !”

*L’inspecteur du travail, membre de droit du CHSCT, est tenu informé des conclusions de la réunion.

Après le danger grave et imminent signalé le 25 mars, un 2e a été signalé aujourd’hui, lundi 30 mars.